BINGER Louis Gustave

16 novembre 2009

BAFOTIGUE

KONG_BAFOTIGUELors de sa grande expédition (1887-1889), BINGER avait connu BAFOTIGUE enKONG_2 arrivant à Kong. Les autorités de Kong l'avaient confié à cet hôte chez qui il devait loger avec ses hommes. BAFOTIGUE était responsable de lui, rien ne pouvait se faire sans passer par lui. Ils sympathisèrent et se rendirent mutuellement service. Lors de son retour à Kong, quelques mois plus tard, BAFOTIGUE, à nouveau, fit de son mieux pour rendre le séjour de BINGER et de ses hommes agréable.

Lors de l'expédition de 1892, BAFOTIGUE était venu au devant de la colonne, apportant deux sacs de cauris (monnaie d'alors, coquillage du groupe des porcelaines) pour que BINGER ne soit pas à court de menue monnaie. BINGER, Marcel MONNIER et le docteur CROZAT logèrent chez BAFOTIGUE, dans une cour malpropre où ils avaient dressé une tente. Lors de leur départ de Kong, BAFOTIGUE insista pour les accompagner et pendant plusieurs jours il leur servit d'interprète, ne ménageant pas sa peine.   

Ayant été instructeur des armés du roi TIEBA, le capitaine MARCHAND fut déclaré personna non grata à son arrivée à Kong en 1893. Il fut obligé de se retirer à une dizaine de kms au sud de la ville et bientôt fut à cours de vivres. La situation devenait désespérée quand BAFOTIGUE, l'ami de BINGER, arriva en véritable sauveur. Il parvint à négocier l'entrée de MARCHAND dans Kong, ce qui sauva la mission. Puis, BAFOTIGUE apporta au gouverneur BINGER, qui se trouvait alors à Grand-Bassam, une lettre de MARCHAND qui expliquait ses difficultés à Kong.

Durant 30 ans, il profita du passage d'européens pour donner de ses nouvelles à BINGER.

En 1927, quand BINGER et sa femme, vinrent en Côte d'Ivoire pour refaire, à l'envers, le parcours de sa grande exploration, BAFOTIGUE était là pour l'accueillir au pied du perron du Palais du Gouvernement de Bingerville. Il était arrivé la veille, de toute urgence de Kong, et remercia BINGER pour l'envoi d'une paire de lunettes que ce dernier lui avait fait parvenir de France, lui disant: "Lieutenant, je suis ton fils et mes enfants sont à toi !." "Tu m'a envoyé des lunettes et depuis je vois clair". Il accompagna partout BINGER et sa femme, s'installa en permanence devant la porte de leur chambre. Il transportait avec lui, dans un petit sac, toutes les lettres que BINGER lui avait envoyées de France. Arrivé à Kong, BAFOTIGUE a voulu lui montrer la case où il avait longtemps séjourné. Elle était maintenant en ruines. " Mais les gens de Kong ne veulent pas la laisser en cet état; on va la reconstruire, on y mettra ton nom avec le pavillon français que tu as donné."   

Les photos ci-dessus ont été prises à Kong en 1892 par Marcel MONNIER, photographe de la mission BINGER.    

Posté par auboin à 17:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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