BINGER Louis Gustave

29 décembre 2008

le Fort de Dabou (Côte d'Ivoire)

Fort_de_DabouLe fort de Dabou fut construit en dix jours seulement par le commandant FAIDHERBE en 1853, sur la rive nord-ouest de la lagune Ebrié, suite à l'expédition du contre-amiral BAUDIN, qui commandait l'escadre des côtes occidentales d'Afrique.DABOU_fort Après la défaite française contre la Prusse en 1871, le gouvernement rappela la faible garnison qui se tenait à Dabou. Arthur VERDIER, devenu le nouveau résident de France, laissa le fort de Dabou à l'abandon.

"Un large escalier de pierre (pierres tirées de la petite île Boullay dans la lagune), ombragé par des manguiers immenses, conduit à la porte du fort. Le mur d'enceinte a six mètres de hauteur et se développe sur les quatre faces d'un carré ayant environ quarante mètres de côté. La place d'armes a été transformée en jardin, et tout au fond, sur la partie de l'enceinte qui fait face à la porte d'entrée, s'élève une belle construction en pierre. Le rez-de-chaussée, bâti en casemates, est divisé en six belles pièces toutes                                                                                                          dabou__Bt_b habitables. Le premier étage, occupé par l'administrateur, vient d'être refait à neuf à la suite d'un incendie et ne contient pas moins de six chambres très hautes d'étage et bien aérées. Une large véranda, formant balcon, entoure tout le premier étage de cette construction..... Le village de Dabou est petit et modeste, mais il rappelle un grand nom, celui du général FAIDHERBE. On dit aussi que l'immortel BINGER, ce grand ami de la Côte d'Ivoire, a beaucoup aimé le site charmant de Dabou."        ( René LE HERISSE " Voyage au Dahomey et à la Côte d'Ivoire", 1903.) 

BINGER créa à Dabou, en septembre 1893, un jardin botanique qu'il confia au jardinier en chef LELACHE, qui sera assassiné un mois plus tard à coups de machette. Ce jardin avait vocation à expérimenter et à acclimater certaines plantes tropicales. BINGER, à son arrivée à la Côte d'Ivoire en 1893, trouva le fort "abandonné depuis 1871 et dans le plus complet délabrement". Il le fit remettre en état par un charpentier et deux maçons qui travaillèrent sous la surveillance de Charles MONTEIL, commis aux affaires indigènes. Dabou devint un des postes administratifs du littoral, servant de bureau des douanes et également de garnison à 125 miliciens.

C'est l'ancien adjudant de dragons, DRINOT, qui en devint l'administrateur le 19 janvier 1894, et pour peu de temps. Le 28 septembre 1896, la canonnière "Diamant" mouilla en face de Dabou, vers 17 heures. Elle déposa deux pères des Missions Africaines de Lyon, le père BEDEL et le Père Alexandre HAMARD, un moniteur d'école nommé Victor NEVRI,et huit africains qui les accompagnaient. Tous furent logés dans l'enceinte du fort dans une baraque en construction, puis ils aménagèrent la concession de la mission, soit deux cents hectares sur une colline face au fort, qui devait servir d'orphelinat agricole. Le débroussage achevé, un potager fut créé, cinq cents caféiers furent plantés qu'accompagnaient des semis de cacaoyers. L'école commença à instruire une vingtaine de garçons venus des villages voisins. Ils apprirent à lire, à calculer et furent formés aux métiers de menuisier et de maçon.

Puis le 11 juillet 1899 arrivèrent les Soeurs Notre Dame des Apôtres pour fonder une école en internat d'une quinzaine de jeunes filles, dite "l'école des fiancées" où il était dispensé un enseignement préparant ces jeunes filles au mariage. Cette école des soeurs fonctionnera jusqu'en 1913, date à laquelle elle sera fermée au profit de Jacqueville.

En 1898 fut achevée la route entre Dabou et Tiassalé. DABOU

DABOU_MissionCi-contre, à gauche, la maison de la Société des Missions Africaines vers 1900.

DABOU_Fort_1900Ci-dessous, la façade ouest du fort vers 1900.

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